Le Design peut tuer…

Dans une conversations récente, mon interlocuteur me parlait de l’intervention d’un spécialiste en ergonomie au sein du centre de traitement des appels pour le SAMU [je suppose pour la région parisienne, mais j’ai omis de poser la question]. Un des premiers constats de ce designer était que les opérateurs téléphoniques devaient regarder plusieurs écrans nécessaires pour traiter l’appel en cours. Certes, les opérateurs étaient probablement formés pour ce système et arrivaient à travailler malgré cette dispersion d’attention – mais il faut aussi garder à l’esprit cette autre histoire d’une patiente hospitalisée qui est mort de déshydratation parce que les informations concernant le contrôle de sa perfusion étaient noyées sous une masse d’autres informations au sein du tableau de bord informatisé de suivi…

Pour le SAMU, on s’attend à une organisation optimale de l’ergonomie quand, parfois, une différence de quelques secondes peut faire la différence entre la vie et la mort.

Ces reflexions me venaient à l’esprit quand j’ai vu le projet FROST.

Tout d’abord, une mise en garde s’impose : il s’agit d’une proposition sur le site Kickstarter, et de part la nature de ce site, ces propositions se positionnent pour dire tout est beau et parfait dans le meilleur des mondes possibles.

Le projet FROST est une simple hâche de pompier. Mais ce qui m’a intéressé était le descriptif de la démarche ; ils disent être allés à la rencontre de pompiers pour comprendre à la fois les besoins et les nécessités autour d’une hâche lors d’une intervention d’urgence. De plus, si la hâche est le premier outil en main, le pompier n’a pas la place ou le temps de chercher d’autres outils. Donc, ils ont cherché à rendre cette hâche polyvalente afin de remplacer tel ou tel outil complémentaire, comme la clé pour ouvrir les vannes d’eau, ou une pique pour descendre des hauteurs en rappel… Puis, ils ont cherché à valider leur démarche et leur proposition auprès des utilisateurs, les pompiers eux-mêmes.

Encore une fois, si une telle démarche permet de gagner quelques secondes par-ci, par-là lors d’une intervention ; dans l’urgence, ces secondes peuvent être la différence entre la vie et la mort de quelqu’un.