Opinion et statistiques

La course pour la mairie de Bogotá est entamée depuis un moment, dimanche 25 octobre étant le rendez-vous aux urnes, et ce qui n’a pas manqué ce sont les sondages. Certes, une part de la population de ma ville natale est assez sceptique quant aux résultats des enquêtes publiques. Entre les scandales de corruption qui ont touché certains maires récents et la manipulation généralisée de l’information qui se fait sur les grands médias, on ne peut qu’être prudent.

Une équipe de jeunes citadins a alors eu l’idée d’utiliser Twitter pour, en quelque sorte, créer une alternative aux sondages d’opinion depuis juillet dans un site web appelé No Creo (“je n’y crois pas”).

Ils analysent les tweets des différentes candidats à la mairie de Bogotá, ainsi que les tweets qui les concernent. Le résultat est assez intéressant dans le sens où ils ont catégorisé les commentaires “positifs” “négatifs” et “neutres”. On peut voir très rapidement de qui on parle le plus sur Twitter et lequel des candidats a un avis le moins négatif (oui ils ont tous plus de commentaires négatifs que positifs).

Ce qui est dommage sur le site est que les créateurs ne divulguent pas leurs méthodes d’analyses. Après tout on peut se demander comment ils distinguent entre un commentaire neutre et un commentaire négatif ou positif.

Autre point sur lequel il me semble important de parler est que, certes ces data visualisations à base de tweets sont une façon de voir l’opinion de la population envers les candidats, mais il ne faut pas oublier l’inégalité sociale qui existe en Colombie. Le site ne reflète, sans doute, qu’une partie de l’opinion car seulement une partie de la population a accès à Twitter, que ce soit avec un ordinateur à la maison / cybercafé ou un téléphone avec 3G ou 4G.

*No Creo*, plan de Bogotá et tweets

Plan des tweets de Bogotá sur les candidats aux élections / Capture d’écran du site No Creo

Cette inégalité se voit assez facilement sur le plan de Bogotá qu’ils ont sur le site, et si on connait un peu la ville. Dans le quartier le plus à droite du plan, Ciudad Usme, il n’y a pratiquement jamais de points roses (indiquant des tweets, mais je ne sais pas quel nombre ni quelle fréquence). Il s’agit en fait d’une des zones les plus pauvres de la ville… Ça aurait peut-être été intéressant de croiser les données des revenus moyens des habitants de chaque zone avec le nombre et la provenance des tweets.

Donc, encore une fois, prudence même si l’initiative me paraît très intéressante. On verra bien, cette semaine avec le comptage des votes, à quel point ce site a reussi à capter l’opinion publique.

PS: Je remercie mes contacts sur facebook de m’avoir fait découvrir ce site